
Le mois d’avril débute, tout le monde fait le plein de chocolats pour Pâques, la terre battue européenne pointe le bout de son nez, tous les signes sont là pour affirmer que le premier trimestre de 2025 est fini. Retour à l’école comme l’an dernier pour les joueurs et les joueuses du circuit car aujourd’hui c’est l’heure du conseil de classe du premier trimestre 2025.
Les élèves modèles
Honneur aux meilleurs pour ouvrir le bal. Et sur ce premier trimestre, ce sont les filles qui ont vraiment fait briller la classe, notamment trois d’entre elles. À commencer par Madison Keys qu’on aurait pu aussi mettre dans les progressions ou les surprises de ces premiers mois, mais un premier Grand Chelem à quasiment 30 ans, un autre titre à Adélaïde ainsi qu’une demie à Indian Wells forcent le respect. Le tout en ne battant pas que des randoms grâce à un tableau simple. Non, non, ce sont des Swiatek, des Sabalenka, des Pegula, des Rybakina qui tombent contre l’Américaine. Donc vraiment chapeau l’artiste.
En parlant d’elle, Aryna Sabalenka fait partie de cette liste. Elle maintient sa place de n°1 mondiale avec maintenant 3000 points d’avance sur Swiatek. Elle a remporté Brisbane et récemment le WTA 1000 de Miami. La Biélorusse est retournée en finale de l’Open d’Australie et d’Indian Wells. On excuse son first pris à Doha, mais dans tous les cas, Aryna reste une force constante du circuit et la patronne actuelle.
Et le troisième nom de cette liste n’est nul autre que Mirra Andreeva bien sûr. Même pas majeure, alors qu’elle devrait encore être au lycée à apprendre les intégrales en maths, la Russe enchaine deux WTA 1000 pépouze en battant deux fois Rybakina et Swiatek, puis Sabalenka en finale d’Indian Wells. Et des noms comme Svitolina, Tauson ou Kudermetova ont aussi pris leur défaite contre la prodige. Sa fraicheur en interview et son jeu très complet font d’elle une Top 10 affirmée et confirmée.
Le moment où Mirra Andreeva devient la plus jeune titrée à Indian Wells du 21e siècle à 17 ans, la 3e ever
En battant Swiatek numéro 2 mondiale, tenante du titre en demie
En battant Sabalenka numéro 1 mondiale et sa bête noire en finale
CRACK 💎💎
pic.twitter.com/wVFD0vko14— Jeu Blanc (@JeuBlanc_off) March 16, 2025
Chez les hommes, pas de noms spécifiques à relever sur un circuit où personne n’a vraiment dominé. Allez, petite Wild Card à la limite pour Joao Fonseca auteur d’un très bon début de saison avec 22 victoires (27 en comptant le Masters Next Gen) pour 4 défaites. Un premier titre ATP dans la poche à 18 ans pris à Buenos Aires en battant 4 Argentins. Deux nouveaux Challengers engrangés également. Et puis la grosse perf à l’Open d’Australie en sortant Andrey Rublev, son premier Top 10. Ce mec est un crack générationnel.
Les élèves enfin de retour
Quand certaines brillent, d’autres reviennent en cours pour montrer qu’elles peuvent briller tout autant. C’est le cas pour Belinda Bencic, de retour de grossesse. Et la remontée est fulgurante. Titre à Abu Dhabi, comeback dans le Top 50 (41e) et coupeuse de tête professionnelle, la Suissesse nous a fait vibrer durant ce premier trimestre. Idem pour Anisimova qui, elle, fait son retour de longue blessure. Pour le moment, l’Américaine a réussi à faire un one shot en prenant le WTA 1000 de Doha. C’est aussi elle qui met fin à la belle série de Mirra Andreeva à Miami, mais sinon pas mal de first et de défaites moches. Mais c’est très encourageant pour la demi-finaliste de Roland 2019.
Chez les hommes, belle mention pour Denis Shapovalov qui nous a sorti une semaine de feu à Dallas, sortant trois Top 10. Son jeu était flamboyant et inarrêtable. Depuis, ce feu s’est apaisé, mais il reste constant dans les performances et avec la terre battue qui arrive, attention au Canadien (même si on dit ça, chaque année).
Les élèves absents
Comme chaque année, certains sèchent les cours. Comme par exemple, Barbora Krejcikova qui n’a toujours pas joué en 2025. La tenante du titre à Wimbledon est pourrie par les blessures qui ne veulent plus la laisser tranquille. En espérant la revoir sur terre où elle excelle. Sinon, Grigor Dimitrov a beaucoup fait acte de présence cette saison. Déjà trois abandons durant des matchs et des blessures aussi qui ne le lâche pas. En mars, tout ça semble loin désormais et son année parait lancée pour de bon.
Les élèves perturbateurs
Chez les chipies du circuit, on retrouve en tête de liste cette bonne vieille Tata Danielle Collins. En plus de s’être mis tout le public australien à dos lors de son match contre Aiava, celle qui devait prendre sa retraite l’année dernière s’est fait remarquer avec son t-shirt « Play tennis, cash checks, repeat », en français « Jouer au tennis, récupérer son chèque, recommencer. » Une provocation qui fait beaucoup parler, mais pour peu de vrais résultats sportifs.
La célébration en entière de Danielle Collins 100% Trashtalk envers le public australien 😭💀
On stream cette mentalité #AusOpen
pic.twitter.com/u6VpeVXP2U— Jeu Blanc (@JeuBlanc_off) January 16, 2025
Dans ce domaine, à sa manière, Alexander Zverev est pas mal aussi. Le finaliste de l’Open d’Australie semble totalement perdu, affecté et traumatisé par cette défaite si sèche contre Jannik Sinner en trois sets. Depuis, l’Allemand enchaine les contre-performances que ce soit contre Comesana, Cerundolo, Tien ou Griekspoor. Pas de titre, même pas une demie. Et ça se trouve beaucoup d’excuses en pleurnichant en conférence de presse notamment durant la tournée en Amérique du Sud.
Les élèves en bonne progression
Dans cette catégorie, on ne va pas donner des félicitations, mais tout de même bien souligner la progression de certaines personnes. À commencer par Jack Draper. Le Britannique a réussi à craquer le Top 10 qu’on pressentait tous en remportant son premier Masters 1000 à Indian Wells, le tout en battant le double tenant du titre, Carlos Alcaraz en demie. Le voilà désormais libéré des blessures qui le tiraient vers le bas et il peut maintenant prétendre à de grandes choses sur surface rapide.
Toujours chez les hommes, on va parler de la grande satisfaction et surprise française : Alexandre Müller. Le gars qu’on connaissait tous pour être un gros bosseur, un besogneux, mais sans trop de résultats réalise le meilleur début de saison de sa carrière. Un titre à Hong-Kong et une finale de 500 à Rio perdue face à Sebastian Baez. Le voici 41e mondial et n°4 Français. L’histoire est belle.
MULLER CHAMPION À HONG KONG 🇫🇷 ! Exceptionnel match et semaine d’Alex Muller qui remporte la finale contre Nishikori 2/6 6/1 6/3
Une semaine entière à gagner des matchs en 3 sets en ayant toujours perdu le 1er
Ça c’est la combativité qu’on aime
Un grand bravo @Alex2Mumu 👏👏 pic.twitter.com/Fuz8nsnpym
— Jeu Blanc (@JeuBlanc_off) January 5, 2025
Chez les filles, Clara Tauson a surpris son monde. Plus habituée à faire des aller-retours entre la 80e et 120e place mondiale, la Danoise a commencé fort 2025. Un titre à Auckland (grâce à l’abandon d’Osaka) et une finale à Dubaï font d’elle la 21e joueuse mondiale actuellement, son meilleur classement en carrière. Toutes ses récentes défaites sont contre des cadors du circuit. On sait qu’elle se débrouille sur terre battue. Elle pourrait être une outsider sous-estimée ces prochaines semaines.
Les élèves en forte régression
À l’inverse de la précédente catégorie, ici on va relever les mauvais élèves. Ceux qui ont décroché et qui n’y arrivent plus. À commencer par Daniil Medvedev. Le Russe atteint toujours un titre depuis Rome 2023. Comme quoi briser sa malédiction sur terre battue lui en a valu une nouvelle beaucoup plus contraignante. En 2025, Daniil c’est une victoire galère contre Samrej classé au-delà de la 400e place mondiale à Melbourne. Une défaite face au jeune Tien lors du même tournoi. Puis un paquet de défaites contre des – excusez l’expression – no name comme Bellucci, Medjedovic, Munar. La demie à Indian Wells peut rassurer, mais ça reste très faible par rapport à son niveau. Aujourd’hui, il n’est plus dans le Top 10.
Ruud fait évidemment partie de cette liste. Ce bon vieux Casper ne montre plus aucune envie de jouer à part entre avril et fin juin. Les tournois s’enchainent et se ressemblent. Pour la concu c’est la bonne pioche à avoir pour se payer une perf dans le Top 10. Marcos Giron l’avait bien compris dans le désert californien.
Sinon mentions quand même à Mannarino et Garcia qui sont sorties du Top 100 et galèrent à enchainer les victoires. Adrian nous faisait rêver en Australie il y a un an et ce n’est pas la terre battue arrivant qui va l’aider. Et pour Bublik qui à l’image de Collins vient juste prendre son chèque et s’en va assez tôt dans tous les tournois qu’il joue. Il culmine actuellement à la 77e place mondiale.
Les élèves qu’on attendait pas
Ici on va évoquer nos belles surprises. Et on démarre direct avec notre spécialiste du dur préféré : Jaume Munar. Non il n’y a aucune erreur là dedans. Fini les matchs de 5h sur terre battue devant dix personnes pour l’Espagnol. Maintenant, on revient au dur basique sans trop de spectacle. C’est assez fou, mais Munar claque demie à Hong-Kong, demie à Dallas, sort Medvedev à Miami et emmène Ruud en cinq sets à l’Open d’Australie. Et par contre, il en met pas une sur ocre. Le monde à l’envers.
On parlait de Shapovalov plus haut, mais son compatriote Félix Auger-Aliassime n’est pas en reste non plus. Deux titres cette saison à Adélaide et Montpellier, FAA semble avoir retrouvé de la confiance. Le gars est 7e à la Race et poursuit les résultats plus que corrects. Peut-être allons-nous retrouver un Félix comme outsider sérieux dans les gros tournois.
Dans la même catégorie qu’un Joao Fonseca en plus discret, Learner Tien nous a claqué un OA de malade mental pour sa première participation. Le gars va en deuxième semaine en éliminant sur la route Medvedev dans un match excellent. Puis se paye Zverev à Acapulco. Pour un mec de 19 ans, le palmarès est très honnête.
L’EXPLOIT DE TIEN ! Exceptionnel Learner Tien qui ÉLIMINE DANIIL MEDVEDEV EN 5 SETS 6/3 7/6 6/7 1/6 7/6 (10-7)
Le finaliste 2024 est OUT ❌
Quel match bordel ! Quel foutu match où les 2 auront tout donné jusqu’à quasiment 3h du mat et 4h48 de jeu
Merci Messieurs ! pic.twitter.com/MVe49sRe54
— Jeu Blanc (@JeuBlanc_off) January 16, 2025
Le chouchou du prof
C’est connu, chaque prof à son chouchou. Et pour ce trimestre là, ça ne pouvait être personne d’autre que Gaël Monfils. À 38 ans, le showman français joue encore un tennis en acier trempé, court comme s’il avait encore 25 ans et fait le spectacle comme personne. Actuellement 42e mondial, c’est un match-up piège pour n’importe quelle tête de série dans les premiers tours. Demandez à Taylor Fritz ce qu’il en pense. C’est un magicien capable de tout. Et puis, on en parle de son titre pris à Auckland alors qu’il était mené 6/1 5-2 contre Martinez au premier tour ? Un monstre tout simplement.
Le moment où Gaël Monfils sort Taylor Fritz numéro 4 mondial après un match quasi parfait 🔥🔥
Avec la petite danse bien comme il faut pour célébrer 🕺 #AusOpen
pic.twitter.com/ipzBDfwTOk— Jeu Blanc (@JeuBlanc_off) January 18, 2025
L’avertissement du conseil
En ce début d’année, le conseil distribue ses mauvais points à trois personnes qui sont des stars, des vainqueurs de Grand Chelem et qui normalement font rayonner le tennis internationalement. Et ce pour différentes raisons. D’abord, Jannik Sinner. Le gars est une machine. Un tournoi joué, un tournoi gagné, à l’Open d’Australie, plus que jamais n°1 mondial, on devrait le féliciter. Mais bon, la suspension pour dopage négociée pour qu’elle ne dure que trois mois au lieu d’un an comme s’était répété par les spécialistes et placée pile entre deux Grands Chelems. Mouais… plutôt moyen comme move. Surtout au vu du statut qu’il a et de ses résultats. La perte de confiance avec les fans est énorme.
Ensuite, Carlos Alcaraz. Pour lui, la relation avec le public va toujours très bien. Il est sûrement le joueur actuellement qui peut le plus enflammer un court de tennis. Mais niveau résultat c’est pas la joie. Défaite en quart de l’OA contre Djokovic en se faisant avoir comme un bleu contre un adversaire redoutable qu’il connait bien et qu’il a déjà battu en Grand Chelem. Défaite en demie à Indian Wells avec le champ libre, dans un tournoi qu’il adore. First à Miami incompréhensible face à Goffin ?! Défaite en quart à Doha contre Lehecka. Seule lumière dans tout ça, son premier titre en indoor à Rotterdam avec un tableau relevé. Mais faire si peu alors que Sinner ne peut pas jouer et que la concu est si faible, c’est très chaud. Heureusement que la terre battue arrive.
SÉÏSME À MIAMI ! David Goffin a fait l’exploit de battre Alcaraz cette nuit au 2e tour de Miami 5/7 6/4 6/3 🤯
Sa 8e victoire contre un Top 3
Invraisemblable, improbable mais bien réel
Énorme contre perf pour Carlitos
pic.twitter.com/Qa3xmYItVd— Jeu Blanc (@JeuBlanc_off) March 22, 2025
Même point pour Coco Gauff. Formidable joueuse, qui a une vraie communauté derrière elle. Ce n’est pas pour rien si elle était la co-porte drapeau de Team USA aux derniers JO aux côtés de LeBron James. Mais là… Défaite en quart à Melbourne contre Badosa. Deux first en WTA 1000 au Moyen-Orient et des défaites crades dans le contenu contre Bencic et Linette. Ça la fout mal. Son service et son coup droit sont catastrophiques. Elle donne trop. Coco doute. Et il va falloir se réveiller au plus vite.
Les encouragements du conseil
Pour finir ce long conseil de classe, on va encourager certains joueurs et joueuses pour différentes raisons sans trop détailler non plus. Stefanos Tsitsipas pour avoir brisé sa malédiction en 500 et avoir retrouver confiance après avoir changé de raquette. La terre va être primordiale pour lui. Kei Nishikori pour ne rien lâcher et toujours s’accrocher à sa carrière alors que toute sa génération a posé la raquette (ou presque). Arthur Fils pour son Double Sunshine de grande qualité et pour avoir obtenu son meilleur classement en carrière.
Puis chez les filles, Leylah Fernandez pour sa hargne bien que les résultats ne suivent pas toujours. Ons Jabeur qui cravache pour retrouver le Top 10 malgré les blessures. Avec sa joie de vivre sur le court et son jeu, elle est une bénédiction pour le tennis. Et enfin, la jeune Ashley Krueger pour ses belles perfs contre Badosa et Rybakina. À 20 ans, l’Américaine monte et montre de belles choses sur le terrain. C’est très prometteur.
